photo prise par nous
Bon bah voila une interview de Mali sur l'album Grain de sable. Il est long mais vraiment intéressant, il parle des morceaux de l'album, comment ils sont nés... faut juste avoir envie de se renseingner un peu. Moi au départ j'avait la flemme de lire mais bon c'est les vacances alors j'ai pris du temps pour le lire pasque ça m'intéressait quand même et puis ça vaut vraiment le coup d'être lu, biensur si on aime Tryo mais bon ce blog c'est plutot fait pour les gens qui aiment. Donc si vous avez du temps et si vous l'avez pas déja lus, prenez 5 minutes et après vous aurez envie de réécouter Grain de Sable en écoutant tous les détails de l'album.
Contrairement à ce que laisse penser votre nom, vous êtes plus que trois. Peux-tu présenter les différents membres du groupe ?
On est quatre dans le groupe et cinq sur scène. Il y a Guizmo qui est l'un des auteurs compositeurs, il écrit pas mal de morceaux et il est chanteur guitariste. Ensuite, il y a Manu qui est à la guitare jazz. Il est aussi auteur compositeur d'un morceau sur le dernier album, le morceau "Monsieur Bibendum" Il est également au chant, mais c'est plus le soliste du groupe. Il y a Daniel, le quatrième de Tryo, il est arrivé un peu plus tard, il est aux percussions. Et puis, il y a moi, Mali, guitare chant. Je joue aussi du piano, de l'accordéon et je suis aussi auteur compositeur. Enfin, le cinquième, dont on parle assez rarement, l'homme de l'ombre, c'est Bibou. Il est là depuis le tout début de Tryo, depuis la toute première cassette, depuis les premiers concerts. Il est à la console son. En fait, au bout du compte, c'est devenu le manager du groupe.
Votre nouvel album est dans les bacs depuis le 2 juin. Comment s'est déroulée sa conception ?
On l'a commencé à partir de septembre 2002. On le voulait pêchu. Le deuxième album était très calme, très ballade. Là, on avait vraiment envie d'être très "rentre dedans", d'avoir un album dynamique sur lequel on puisse danser. Ensuite, dans la conception, ce qui est très important, c'est l'ouverture. On a fait les albums précédents à nous cinq avec Bibou au son et on s'est rendu compte de nos limites. Sur ce troisième album, on s'est ouvert à deux personnes. La première c'est Hélène Bohy, notre professeur de chant. On prend des cours de chant ensemble depuis un an et demi. Elle nous a coaché sur les voix. On lui a demandé de venir en studio et elle est devenue une sorte de conseillère artistique. Elle nous a fait découvrir notre voix. La deuxième personne, c'est Dominique Ledudal, il a mixé l'album. Pour la première fois, on a filé nos bandes à quelqu'un d'extérieur au groupe. Avant, c'est toujours Bibou qui mixait. On est super content du mixage qu'il a fait, c'est un magicien. Au-delà de l'ingé son, c'est vraiment un artiste. Il s'est approprié les morceaux et il a donné une couleur à l'album. Il a eu des vrais partis pris, il a fait des choix. Il y a des lignes de guitare qu'il a gardées, il y a des choses qu'il n'a pas gardées, il a raccourci des intro. Il a fait ce travail toujours avec notre accord et il ne nous a jamais trahis. Ensuite on a enregistré pendant deux mois dans un ancien cinéma à Maisons-Alfort. On était dans un endroit où l'on n'avait pas de pression de temps. Ce n'était pas comme dans un studio que tu loues un mois et en un mois, tout doit être fini. Au début, on devait rester un mois, finalement, ça en a duré deux. Tout ça, c'était en novembre-décembre. Ensuite, l'album a été mixé en janvier-février et il est prêt depuis février.
Au départ, ce troisième album devait s'appeler "Avant l'Orage". Pourquoi avez-vous finalement choisi de l'appeler "Grain De Sable" ?
Pour nous, ce titre "Avant l'Orage" était tiré d'un des morceaux de cet album qui s'appelle "Dans les Nuages". On l'avait choisi parce que l'on trouvait qu'il y avait dans cet album une espèce de tension par rapport au côté militant, au côté engagé. Et puis, on a eu l'idée de l'appeler "Grain De Sable" au Festival du Vent, un festival citoyen en Corse, un festival magnifique. Quand on a trouvé ce titre, on a plus voulu le lâcher, il a fait l'unanimité. "Grain De Sable", c'est parce que c'est un album où l'on dénonce pas mal de choses, où l'on est assez "rentre dedans" au niveau du discours. "Grain De Sable", ça permet de remettre les choses à leur place. Voilà, cela n'est qu'un "Grain de Sable", ce n'est qu'un album, ce n'est que de la musique. En même temps, un "Grain De Sable", ça peut entrer dans le rouage et ça peut changer les choses. Et puis, lorsque que tu es adhérent d'Attac et que tu es inscrit sur la mailing list, tu reçois chaque semaine une lettre. C'est une sorte de point sur la situation du monde. Cette lettre s'appelle "Grain De Sable". Tout cela fait que l'on a préféré appeler cet album "Grain de Sable" au lieu d'"Avant l'Orage". A chaque fois, sur les titres, on galère et on les trouve à la va vite. Là, c'est vrai qu'on s'y est vachement plus penché. Ca nous semblait plus important à cause du côté militant.
Effectivement, à l'écoute de cet album, on a l'impression qu'il est plus engagé et plus incisif que les deux précédents. Comment expliques-tu cette évolution ?
Je pense que l'on a vachement évolué, on a vachement grandi. Sur les deux premiers albums, on était plus axé sur la politique française, sur la France. Or là, nous dans notre vie, entre le deuxième et le troisième album, on a chacun vécu des choses, on a mené des actions. Je t'ai parlé d'Attac dont nous sommes adhérents. Il y a aussi l'association "Survie" et Greenpeace... On s'est ouvert avec le militantisme et l'engagement et on s'est rendu compte qu'on est obligé d'avoir une vision globale. Notre militantisme n'a pas vraiment changé, mais c'est vrai que notre discours s'est peut-être un peu aiguisé
Notre militantisme n'a pas vraiment changé, mais c'est vrai que notre discours s'est peut-être un peu aiguisé. Il y a des thèmes que l'on n'aurait jamais abordés avant et qu'on aborde là. Je pense par exemple à des morceaux comme "Pompe à Fric". "Pompe à Fric", c'est le fruit de la lecture de textes écrits par le président de l'association "Survie", des textes où ils dénoncent la politique française menée par les différents hommes politiques et industriels en Afrique. Ce titre est une sorte de transcription en chanson de tout ce qu'a pu écrire ce gars là dans ces bouquins. Maintenant, sur l'album tu as aussi des chansons qui n'ont rien à voir avec tout ça. Tu as des morceaux d'amour et ça fait du bien. Tu as des morceaux légers qui permettent un petit peu d'aérer tout ça. C'est un peu comme Renaud. Moi, ce que j'adorais chez lui, c'est que d'un côté il écrit des morceaux super militants où il dénonce la société et de l'autre, il arrive à faire chialer sur un titre en parlant de sa fille ou de sa femme en cloque. Cette espèce de contraste, ça nous plait vachement.
Il se dégage également un côté un peu enfantin de cet album : les textes de certains morceaux, la pochette... Cela est-il lié au fait que Guyzmo est devenu papa ?
C'est carrément ça ! Guyzmo est papa d'un petit garçon depuis trois ans. Le thème de l'enfance est très présent dans tous les morceaux qu'il a écrits. Pour lui, le thème de l'enfant est incontournable. Son militantisme est même vécu par rapport à son enfant. Ca permet d'avoir un côté positif. Je pense par exemple au morceau "G8". Au début, c'est un sacré état des lieux du monde, mais il y a toujours ce côté positif. Il y a la présence de l'enfant derrière qui fait que de toute façon on vit dans ce monde là et qu'il faut l'accepter tel quel. C'est ce qui peut nous motiver à le changer. Si on ne le fait pas pour nous, au moins, on le fera pour nos enfants, pour ceux qui viendront derrière nous. Et puis, en plus, nous, on a un côté enfant. Notre musique plait aux mômes, et quand je dis les mômes, c'est vraiment les petits. Des morceaux comme "La Débandade" sur le deuxième album ou là "Monsieur Bibendum", ce sont des morceaux qui plaisent vachement aux enfants. C'est quelque chose dont on est vachement fier. Pour la pochette, c'est un parcours de bille. Au début, comme symbole, on avait même pensé à un caddie pour enfant. Dès le début, on a voulu axer sur le thème de l'enfance.
Comme tu l'évoquais, le morceau "G8" est lié à votre rencontre avec les dirigeants d'Attac Qu'avez vous voulu dénoncer dans ce morceau ? Qu'est-ce qui vous a poussé à devenir adhérent d'Attac ?
Tout simplement, ce n'est pas huit pays qui doivent diriger les 300 autres. C'est dans une vision unitaire que l'on doit envisager la mondialisation et que l'on doit mettre le citoyen au coeur de la mondialisation. Avec les événements que l'on a vus, comme la guerre en Irak, il ne faut plus qu'un seul homme décide contre l'avis de tout le monde pour des intérêts purement économiques. Il ne faut plus qu'un seul homme décide de partire en guerre contre un pays. Dans "G8" c'est un petit peu ce que l'on a voulu raconter. Et puis, pour nous, Attak est une vraie alternative, c'est peut être la seule aujourd'hui. Peut être qu'il y en a d'autres qui vont naître, mais, l'idée de taxer les grands flux financiers et les grands échanges commerciaux pour distribuer aux pays pauvres et aux pays en voie de développement, ça paraît un peu une évidence. En même temps, nous, on se sent vachement proche de tout le mouvement alter mondialiste.
Parmi les sujets épineux traités sur cet album, il y a la situation au proche orient avec le morceau "La Vie m'a Mis Là". Quel a été votre intention en réalisant ce titre ?
C'est un titre assez particulier. Ca faisait très longtemps que j'avais envie d'écrire un texte sur le conflit israélo palestinien. Mais, je n'avais jamais trouvé l'angle. C'est un sujet difficile et dès que tu commences à entrer dans ce sujet là, tu t'attires les foudres des uns et des autres. Ce titre raconte l'histoire d'un enfant. C'est un titre qui fait couler beaucoup d'encre, on reçoit du courrier tous les jours. Cet enfant va se faire sauter, c'est un kamikaze. Il est persuadé qu'il fait la bonne chose, qu'il va rejoindre le paradis, que c'est sa seule chose qui lui reste et que c'est son seul moyen de communiquer avec le monde. Cela devrait éveiller l'attention de tout le monde. Il n'y a rien de pire que quelqu'un qui va donner sa vie pour défendre une cause
Aujourd'hui, en 2003, il y a des gens, des palestiniens, pour qui il ne reste plus que ce moyen là. Pour moi, c'est quelque chose qui me révolte totalement. Cela devrait éveiller l'attention de tout le monde. Il n'y a rien de pire que quelqu'un qui va donner sa vie pour défendre une cause. On est dans du terrorisme et c'est ce qu'il y a de plus ignoble de plus terrible. En plus, La personne qui va se faire sauter la gueule est complètement manipulée, elle n'est pas elle-même. Enfin, il y a une sorte de banalisation de ces actions : Encore un kamikaze ! Encore des morts en Israël à cause d'un mec qui s'est fait sauter ! Encore... Et ce n'est pas fini, et ce n'est que le début ! Je pense que plus on va avancer, plus ce genre d'action va avoir lieu. Alors, je me suis mis à la place d'un palestinien, je ne me suis pas mis à la place d'un israélien, c'est ce que l'on va peut être me reprocher. C'est peut être mon côté pro palestinien qui ressort, mais quand je vois les dernières élections en Israël, ça me fait vachement peur. Quand je vois la politique de Sharon avec son copain Bush, je trouve ça vraiment terrible. "La Vie m'a Mis Là" est un morceau qui peut être vachement mal pris. C'est un sujet super casse gueule et on a vachement réfléchi avant de le mettre. Mais, au bout d'un moment, il faut mettre les pieds dedans, il faut y aller. Et d'ailleurs, j'aimerais beaucoup aller jouer là-bas. On ne pourra pas vu la conjoncture actuelle mais, ça fait très longtemps que Tryo voudrait aller jouer là-bas. On aimerait bien aller jouer à Bagdad aussi. Ca, on va certainement y aller. On a crée un collectif "Ensemble Contre la Guerre". La suite du collectif, ça serait de créer un pont, de partir là-bas pour aller jouer et pour témoigner, pour voir ce qu'il en est du peuple. Ca devrait se réaliser, pas forcément tout de suite, mais dans les années à venir.
Dans cet album vous tapez aussi sur "Les Ordures Télévisuelles" dans le titre "Sortez les". Ne craignez-vous pas que les messages que vous souhaitez diffuser soient complètement brouillés à force de prendre régulièrement position sur des faits de société du moment ?
Il y a un journaliste qui a écrit récemment que Tryo était consensuel parce que l'on disait que la télé et le G8, ce n'est pas bien. J'ai lu un article : "Tryo, a quand la trêve de bons sentiments ?". Alors, ça, ça m'énerve ! Ca me touche vachement ! Tout ça c'est sincère ! Il y a une espèce de rage que l'on a en nous avec une putain d'envie de faire avancer les choses ! Dès que l'on remue trop, dès que l'on ouvre un peu sa gueule, il y a toujours des gens qui sont là pour dire vous en faites trop. Ce sont les règles du jeu. C'est vrai que lorsque l'on a réécouté l'album, on s'est dit : on va nous sortir ça. Tout, ça, tu vois, c'est le reflet de notre vie. Après, on pourra nous reprocher d'en faire trop, d'aller dans tous les sens, mais tout ça, ça reste hyper sincère .
Les Tryo, ils servent de l'antisocial à toutes les sauces. Maintenant, on est n'est pas à la Samaritaine des grandes causes. Tout ça se sont des mots, des chansons et au-delà on est militant dans la vie. En fait, tout, ça, tu vois, c'est le reflet de notre vie. Après, on pourra nous reprocher d'en faire trop, d'aller dans tous les sens, mais tout ça, ça reste hyper sincère. De plus, l'absence d'engagement de la plupart des groupes, c'est peut-être aussi cela qui nous motive à en faire plus. Nous, on est très fier de nos combats, de nos mots. Enfin, si dans le public jeune que l'on a, si dans les jeunes qui écoutent l'album, il y en a qui se posent les questions : Qu'est-ce que c'est que le G8 ? Est-ce que c'est vrai que le gouvernement français écoulait sa vache folle au Nigeria à deux francs le kilo ? Si tout ça, ça peut éveiller un brin de conscience, et bien pour nous c'est gagné. Si ce n'est pas l'artiste qui prend position aujourd'hui, qui va le faire ? Ce sont des gens comme Brassens qui ont permis de tourner l'état en dérision. Moi, j'ai appris la société et peut-être même la politique avec des chansons de Renaud. Pour moi, c'est donc un truc que je continue avec Tryo.
Dans un autre registre, "Apocalypticodramatic" fait référence à une histoire qui t'est personnelle. Quel est le contexte qui est à l'origine de ce morceau?
C'est un morceau que j'ai écrit, il y a longtemps, il y a cinq ans. C'est un morceau que Manu a absolument voulu mettre sur l'album parce qu'il adorait la mélodie. Ce morceau, c'est quelqu'un qui a un ami à lui, très proche, qui est resté bloqué à cause de cachetons. Quels cachetons ? Comment ? On ne le sait pas. Cette personne en veut au mouvement techno et rejette tout sur ce mouvement. Il y en a beaucoup qui ont pris ce morceau pour un morceau anti techno alors que ce n'est pas du tout le cas. Pour moi, la musique électro, je kiffe et ça m'arrive d'aller dans des raves, des Teknival. Comme pour "La Vie m'a Mis Là", c'est un angle. Ce titre met le doigt sur le lien entre la dope et ce milieu là. J'ai écrit ce morceau par rapport à une histoire effectivement complètement personnelle. J'ai connu des gens qui sont restés bloqués. Ca m'a fait énormément de mal et j'en ai énormément voulu à la terre entière. Tu ne sais pas à qui en vouloir à ces moments là. J'adore le mouvement électro, mais le lien avec les jeunes qui se défoncent la gueule, c'est un truc qui me fait vachement mal, d'autant plus que j'ai l'impression que tout le monde s'en fout. Je suis allé dans des boites électro à Paris, tu vois les yeux des gens, c'est n'importe quoi, ça me fait flipper. Ce que l'on a surtout cherché à faire dans ce morceau, c'est mettre mal à l'aise l'auditeur. C'est pour cette raison que l'on a aussi fait les arrangements avec des violons. Il fallait vraiment qu'il y ait le côté "tu vas écouter le morceau, tu vas flipper" qui ressorte. On a vachement travaillé les voix, il y a la voix de Manu qui hurle à la fin. Ce morceau, c'est comme une menace.
Est-ce que cette réputation de fêtard et de personnage un peu porté sur la boisson, qu'on te colle sur le morceau "Désolé pour hier" est justifiée ?
Oh ! C'est une boutade ce morceau ! Je suis effectivement monté en haut d'un chapiteau lors d'un anniversaire de Guizmo un peu arrosé. Tout le monde s'en souvient, le chapiteau s'en souvient encore, la Bretagne s'en souvient... C'est vrai, j'aime la fête, la fête fait partie de moi. Qui dit fête, dit aussi alcool, mais je ne suis pas alcoolique ! Ce qui me fait marrer dans ce morceau, c'est le côté : "J'arrête"... Et puis, une semaine après, c'est reparti ! Maintenant, c'est clair que ça va me faire une réputation ce titre ! Ma maman était la première surprise. Entre ça et le morceau sur les cachets, c'est terrible ! Quand mes enfants entendront ça ! (rires)
Il y a quelques surprises dans "Grain De Sable". Il y a notamment des plages cachées...
Il y a plein de trucs cachés que les gens ne savent pas ! Il y a deux trucs cachés, il y a deux bêtisiers, il y a le bêtisier image et le bêtisier son. Le bêtisier son est avant la première plage. Pour le bêtisier image, tu mets le CD dans ton ordinateur et tu vas le trouver. Avec les deux premiers albums, on avait fait un bêtisier qui a vachement plu aux gens. Le bêtisier, c'est une sorte de tradition chez Tryo. Sur le premier album, on l'avait mis pour déconner. Du coup sur le deuxième album, on l'a remis parce que les gens s'y attendaient. Ca fait un peu partie de notre univers de montrer les coulisses. Il y a donc un bêtisier son et un bêtisier image, mais tout ça, il ne faut pas le dire...C'est marrant d'ailleurs parce que j'en entends très peu parler. Le seul lien qui le mentionne c'est en fait dans les remerciements, ou l'on remercie Daniel qui les a réalisés.
Il y a aussi un titre fantôme, "COGEMA". Ce morceau devait figurer sur l'album et finalement il n'y ait pas. Pour quelles raisons avez-vous renoncé à le mettre ?
La Cogema est une entreprise qui s'occupe de retraiter les déchets nucléaires. En gros, si l'on cherche des armes de destruction massive en France, c'est à la Hague qu'on les trouve (NDLR : La Hague est un parc de stockage de déchet nucléaire). Par rapport à "Cogema", on a eu pas mal de mise en garde. En gros, on nous a dits que si l'on sortait ce morceau, la Cogema nous attaquerait. A priori, on s'en foutait, mais il se trouve que ça pouvait remettre en cause la sortie de l'album. On encourait le risque que l'album soit retiré des bacs. On a travaillé avec Greenpeace, on a parlé avec leurs avocats, avec les notre. En France, tu ne peux pas vraiment toucher au nucléaire. Ce sont des gens qui passent leur temps à faire des procès
En France, tu ne peux pas vraiment toucher au nucléaire. Ce sont des gens qui passent leur temps à faire des procès. On a préféré être plus intelligent. Si on sortait cet album avec ce titre, on se faisait attaquer et on aurait perdu le procès pour diffamation. Il y a une phrase dans la chanson qui dit "Adolphe Nucléaire existe, il est français", en gros le nucléaire, c'est des fachos. On a donc préféré attendre. Pour l'instant, on a fait un clip et il sera diffusé sur internet à la rentrée. On joue aussi ce morceau sur scène lors de nos concerts. En fait, "Cogema" figurera sur notre prochain live, mais il ne sera pas dans sa version originale. On est en train de changer le morceau pour qu'il soit inattaquable tout en veillant à ce que le sens soit le même. Comme on n'a pas envie de filer de la thune à la Cogema, la parade que l'on a trouvée, c'est d'appeler ce morceau "Togema" Donc, sur scène on chantera "Cogema" et sur le live, ce sera une version "Togema".
Avec la sortie de l'album, vous êtes également en tournée depuis début juin. Quel a été l'accueil du public ?
On a commencé la tournée, l'album n'était pas encore tout à fait sorti. D'habitude notre public chante tous les morceaux. Là, vu qu'il ne pouvait pas connaître les nouveaux morceaux, notre public a fermé sa gueule. Mais, plus on a avancé dans le temps, plus les gens se sont déjà appropriés les morceaux. On a halluciné : Cinq jours après la sortie, on a eu des gens qui connaissaient déjà les morceaux par choeur. Du coup, le côté pêchu que l'on voulait avor sir ce troisième album se ressent vachement sur scènes. On a gardé les morceaux, les plus dansants, les plus dynamiques, il y a donc carrément un côté rock'n roll qu'il n'y avait pas avant. Pour l'instant, l'accueil est très bon.
Vous avez créé deux structures : Salut O Production et Salut O Edition. Quels sont les projets pour le groupe et pour ces deux structures ?
Pour l'instant, pour Tryo, c'est la tournée. On est sur la route jusqu'en décembre. En janvier on est en pause, en février on part au Québec. On va préparer un live qui va certainement sortir à la rentrée 2004. On commence déjà à s'y préparer, à s'interroger sur la forme que cela va avoir. Ensuite par rapport aux structures, pour la boite d'édition, on travaille avec différents groupes. Il y a des groupes comme les Percubabas, les Ogres de Barback. On travaille avec un groupe, il s'appelle Fanch, c est un groupe de chanson française, il joue de la guitare. Il a fait toutes nos premières parties à la cigale et il fera très certainement nos premières parties à la rentrée. Il est en train de faire son premier album. Enfin, pour la boite de prod, on est sur le live de la Rue Ketanou. Maintenant, on n'est pas des super producteurs, le cigare à la bouche, genre on va vendre pleins d'albums. C'est vraiment plus de l'aide. Nous sommes les premiers à dire que l'indépendance est une bonne chose, on ne va donc pas commencer à prendre en édition les titres des autres artistes. Finalement, on fait de l'accompagnement, c'est une question de rencontre. L'idée, c'est plus : comment aider quelqu'un de manière intelligente sans le bouffer, sans mettre la main mise sur lui, tout en le respectant, tout en essayant de le promouvoir. C'est vraiment la tâche que l'on s'est fixé et on en est très content.
Après trois albums, et huit années passées ensemble, quel regard portes-tu sur l'évolution du groupe ?
Quand je regarde derrière, je suis comme un môme qui regarde un peu un rêve. L'histoire qui nous est arrivée est une histoire complètement incroyable. On se rend vraiment compte que l'on a une chance inouïe. Quand on voit le succès que l'on a eu sur le premier album, quand on voit comment notre musique est arrivée, comment elle est diffusée de la mano à la mano, du bouche à oreille sans avoir forcément besoin des médias, on est vachement fier. C'est le public qui nous a mis là et c'est le public qui nous fera sortir
On remet aussi les choses à leur place. Ce sont vraiment les gens, le public qui nous a choisi. C'est le public qui nous a mis là et c'est le public qui nous fera sortir. Enfin, on en est super content et super fier de cet album. Le deuxième, on ne l'écoutait pas trop. On l'écoutait au début et quand il est sorti, après on ne l'écoutait jamais. Ce dernier album, on l'écoute parce qu'il est passé dans les mains der quelqu'un d'autre avant. Le fait que quelqu'un d'autre l'ait mixé nous a permis d'avoir du recul. Cet album nous ressemble vachement. On s'est permis des choses qu'on n'aurait jamais osées auparavant. J'ai aussi l'impression que l'on s"éloigne un petit peu du reggae. Il y a trois quatre ans, on disait : on fait du reggae acoustique. Maintenant, on dit qu'on fait de la chanson avec des influences reggae.
Par Olivier Delay